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Tout d'abord, les cinq intervenants dans leur ensemble ont brillé par leur incompréhension du thème de l'atelier, dont ils n'avaient apparemment pas lu le titre jusqu'à la fin. En effet, aucun des conférenciers n'a ne serait-ce que prononcé une seule fois le vocable "nouvelles technologies" !
Par trois fois, nous avons eu droit à un grand classique du PowerPoint de colloques internationaux: la présentation en bonne et due forme de l'organigramme de la structure à laquelle appartient le conférencier, laquelle a monopolisé la moitié du temps imparti aux intervenants. Il est vrai que ces derniers semblaient penser que le monde tournait autour de leur petite organisation « française d'expression française-française ».
Ceci expliquant cela, 4 des 5 conférenciers étaient en effet des Français et pas peu fiers de l'être. Paraphrasant malgré elle Salvador Dali, l'une d'entre eux a semblé nous dire « Au ... de Bordeaux, est le centre de la terre ». Un second a déblatéré sur le grand méchant État français qui se désengage du secteur et charge la mule des gestionnaires. Une troisième ne jurait que par une obscure structure au fin fond d'un incompréhensible organigramme de la sa Direction générale de rattachement. Un quatrième nous a expliqué comment sa société de sous-traitance faisait rondement tourner toute une méga-corporation francilienne.
Quant au 5ème intervenant, bien que d'origine maghrébine, il ne déparait pas le tableau : haut fonctionnaire d'une institution de l'ONU, sa plus notable sortie a été de nous expliquer avec l'allégresse du polytechnicien que sa direction de rattachement était la seule au sein de l'administration des Nations Unies à disposer, je cite, « d'un exécutif double ». Ce qui a fait résonner en moi le mot célèbre de M. Spock : « Fascinant…»
En fait, l'atelier aurait dû être sous-titré Comment l'esprit petit-fonctionnaire vint à des gestionnaires de haut niveau du secteur privé français.
Sur la forme, je passerai rapidement sur la qualité des PowerPoint présentés. D'une beauté et d'une convivialité qu'un Antrios ou qu'un Jackson Pollock sous acide n'auraient pas renié. Il faut toutefois reconnaître une vertu à ces présentations informatiques: leur incontestable valeur archéologique. Dans 2000 ans, les historiens de l'informatique qui les exhumeront des archives proto-numériques pourront qualifier les Français du début du XXIème siècle de Homo Neanderthalensis du PowerPoint. N'oublions pas que l'atelier portait – en théorie – sur les nouvelles technologies. Ça donne une idée…
Le PDG de ma corporation, assis deux rangs devant moi au milieu d'un public français à plus de 90 %, a fait l'économie d'un aller-retour à Paris. Notre société avait organisé cet été un congrès nord-américain au centre-ville de Montréal. Et l'on s'était alors gaussé de ces asti d'Américains qui avaient déserté les ateliers et conférences pour profiter du beau temps et goûter à la douce ambiance de Downtown Montreal. Mais il faut tout de même leur reconnaître qu'ils sont sortis de leur hôtel, eux. Ce que les Français du colloque francophone-franco-français n'ont certainement pas penser faire. Ainsi, ce seul vendredi après-midi, ils étaient bien trop occupés à trouver, au rez-de-chaussée de l'hôtel, une télévision pour pouvoir regarder un match de l'équipe de France de rugby... No comment.
Incongruité et narcissisme franco-français ont été à n'en point douter les maîtres mots de cette session. À mon palmarès Pourquoi j'ai quitté la France, les conférenciers de ce colloque font une entrée remarquée dans le Top 5.
Le second film réalisé par Guillaume Canet, Ne le dis à personne, est impressionnant à plus d'un titre.
Son casting tout d'abord : Dussolier, Rochefort, Baye, Scott-Thomas, Berléand, Croze, Cluzet.
La direction d'acteurs ensuite. Certes, Canet n'a pas su tirer tout profit de deux monstres sacrés. Ainsi, André Dussolier est parfois en surjeu (un comble) ; quant à Jean Rochefort, il n'est pas parfaitement en ligne avec son personnage, mais plier le moustachu à ses désirs confine souvent pour le metteur en scène au travail de titan (cf. interview de Francis Veber in La saga Pignon, DVD du film Le Placard). En revanche, pour le reste de la distribution, c'est du tout bon. Mention spéciale à Nathalie Baye et surtout François Cluzet qui, pour la première fois de sa carrière, ne fait pas du François Cluzet. On est loin de ses prestations sympathiques mais régulièrement décalquées d'un film à l'autre (pour résumer le reste de sa carrière, voir l'excellent Associations de malfaiteurs de Claude Zidi). Entre les mains de Guillaume Canet, Cluzet explose.
Mais ce qui impressionne le plus est sans le moindre doute le sens de l'adaptation dont font preuve Guillaume Canet et son co-scénariste Philippe Lefebvre.
Car le livre d'Harlan Coben est d'une complexité redoutable. Bien des auteurs français seraient tombés dans le piège du film de 3 heures sérieusement alambiqué. Canet, lui, fait simple. En deux heures, il livre un script toujours clair, ne se prend jamais les pieds dans les nombreux flashbacks (ça, c'est un signe) et présente une floppée de personnages toujours parfaitement caractérisés (ça, c'en est un autre).
Seule fausse note (c'est le cas de le dire) : la musique de M sent l'accroche marketing à plein nez. Mais surtout, à vouloir faire branchouille à tout prix, la production a engagé le musicien phénomène du moment - M au générique, c'est 300 000 spectateurs de plus assurés - sans s'être demandé si le choix était judicieux. La réponse est clairement non.
Si l'on avait pu croire que le succès d'estime de Mon idole, première réalisation de Guillaume Canet, relevait de la chance du débutant, on sait aujourd'hui qu'il n'en était rien. Au rayon Thriller français qui a quelque chose à raconter, Jacques Audiard a enfin de la concurrence.
Adapté lui aussi d'un polar signé par un écrivain à succès (Fred Vargas, autre auteur branchouille à souhait), le scénario écrit à dix mains (déjà, ça, ce n'est pas bon signe...) cumule des personnages proprement ridicules, des situations abracadabrantes, des données scientifiques erronées. Je ne parle même pas de la façon de dépeindre la Police nationale qui relève du grotesque le plus échevelé. A côté, 36, Quai des Orfèvres, c'est parole d'évangile (c'est dire...). Ajoutez à cela des dialogues à se taper le cul par terre de niaiserie, et vous avez déjà une bonne idée générale du film.
Mais ce n'est pas tout. Car côté réalisation, ce n'est guère plus reluisant. La direction d'acteurs est épouvantable (de la part de celui qui a quasiment appris à jouer à Catherine Deneuve, c'est un comble). José Garcia est mauvais, Lucas Belvaux itou, Michel Serrault (oui, Michel Serrault !) n'est pas bon. A part Olivier Gourmet, c'est un zéro pointé. Quant à la mise en scène erratique, elle porte à son comble un agacement qui nous rappelle pourquoi, parfois, on n'aime vraiment pas le cinéma français. En deux mots : un navet.
Hier, je me suis rendu au Consulat général de France à Montréal pour deux affaires. Dans la salle d'attente depuis 30 minutes, je suis enfin appelé pour ma première demande et reçu par la vice-consule en personne (j'en suis d'ailleurs le premier surpris).
15 minutes plus tard, je retourne en salle d'attente pour ma seconde affaire : des photocopies certifiées conformes de documents officiels français. Après avoir patienté encore un quart d'heure, la préposée de la caisse m'appelle. Je me rends au guichet. Commence alors un court dialogue, tout en sous-texte.
Comment ?
Vous étiez où ? Je vous ai déjà appelé tout à l'heure.
J'étais avec la vice-consul.
...
Faut-il s'étonner que nous autres, expatriés au Québec, devons ensuite ramer comme des forcenés pour casser l'image du Maudit Français ?
Vous êtes inconsolable après la défaite de Bayrou au premier tour ? Alors voilà de quoi vous remettre les idées en place.À intégrer impérativement dans la prochaine édition du Grand Robert, version électronique, pour imager :
- la définition du mot démagogie,
- le proverbe Le ridicule ne tue pas.
Un stage au cours Florent s'impose :
Un peu de conviction, François ! Il faut ressentir davantage le personnage. N'oublie pas, tu es un chrétien démocrate. Alors, de l'empathie ! Je veux que tu transpires le bon Samaritain. Laisse parler le Lanza del Vasto qui est en toi... Non, bon, laisse tomber. C'est tout pour ce soir. La semaine prochaine, on verra comment pleurer sur commande en direct sur un plateau de télévision.
Michelle Laroque devenue surtout productrice de cinéma, Sandrine Alexi se retrouvait bien seule dans le PCF (paysage comique français). Et ce n'étaient pas les Sophie Forte et autre Anne Roumanoff qui allaient nous sustenter en attendant…
Pour l'anecdote, j'ai vu Anne Roumanoff, comme je vous vois (façon de parler), dans le parc pour enfants, en face de chez moi à Montréal. Comme quoi… Et une semaine plus tard, c'était au tour du Éric de Éric & Ramzy, au pied du même toboggan. Quand le festival Juste pour rire côté coulisses s'invite sur le Plateau Mont-Royal…
Ladite sœur Anne ne voyait donc toujours rien venir. Et voilà que par hasard, dans la colonne de droite d'une page du site YouTube.com, je tombe sur la vidéo d'un clone de Ségolène Royal. Je clique et découvre la candidate PS incarnée par une certaine… Florence Foresti.Je ne connaissais de la donzelle que son minois et celui de son chien, aperçus sur les colonnes Morris fin 2005, lesquelles annonçaient son premier spectacle seule en scène (en français de France : one-woman-show).
J'ignorais même tout de son passage récurrent dans l'émission de Laurent Ruquier. Il faut dire que je ne l'avais jamais regardée (c'est dire comme TV5 me fascine) : Ruquier est plutôt sympa, mais ses chroniqueurs me sortent par les orbites. Et je ne parle pas du cas particulier de Gérard Miller, incitation ambulante et permanente aux fatwa audiovisuelles.
Bref, je découvre sur YouTube un numéro de Ségobashing hilarant. Et je me demande alors dans la foulée si, en un an et demi, je n'aurais pas finalement manqué quelque chose en France.
Alors vous allez me dire :
Tu exagères ! Quand même, la campagne électorale, le CPE, la Gare du Nord, et puis le dernier film d'Olivier Dahan, ça valait le détour !
LOL
Si j'ai raté quelque chose, c'est bien le phénomène Foresti. Mais le dieu du Web 2.0 soit loué, la quasi-intégralité des sketches de Dame Florence sont aujourd'hui disponibles sur Internet sous forme de capsules vidéo hautement recommandables. Je suis ainsi devenu un véritable inconditionnel de ses personnages hauts en couleurs. J'ai une petite préférence pour Clo :Je m'appelle Clotilde, mais tout le monde m'appelle Clo. J'ai 16 ans et demi. Je suis en terminale au Lycée Jean-Luc Lahaye, et je suis trop vénère.
Comme nous sommes dans la dernière ligne droite avant l'élection du roi (concept gaullien de 1958), joignons l'inutile à l'agréable et (re)découvrons nos deux aspirants souverains passés à la moulinette de ce sacré bout de femme.
Et pour finir, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous un véritable monument comique : Isabelle Adjani, version Foresti.
Ir-re-sis-ti-ble.
Je ne suis pas fou, vous savez… Bonsoir.
Et quand je me penche (irrégulièrement) sur la vie politique française, j'ai systématiquement la satisfaction d'avoir évité un choix cornellien en mai prochain : la peste ou le choléra ?
Étant encore tenu dans une certaine mesure tenu par une obligation de réserve, je ne dirais rien sur Sarko, me contentant de renvoyer le lecteur au sketch de Guy Bedos, expliquant ce qu'il répond à ceux qui lui reprochent de ne pas assez s'en prendre à Le Pen.
Quant à Ségo... On aurait voulu y croire ! Une femme socialiste Présidente de la République. Non pas que l'expérience d'Édith Cresson comme Premier Ministre nous avait mis l'eau à la bouche. Les Anglais ne sont pas encore remis (les Français non plus...). Mais bon, c'est clair que ça nous aurait changé des éléphants (mâles) du PS qui ont la fâcheuse tendance de plomber le discours politique de gauche.
Et puis, quand on commence à se renseigner, on s'aperçoit que la femme, quand elle devient politique, sait être détestable. Certes, pas autant que son homologue masculin. Mais suffisamment pour tuer dans l'oeuf les espoirs de changement qu'elle avait pu susciter.
Déjà Pierre Bourdieu nous expliquait comment Ségo à l'ENA avait choisi entre la gauche et la droite à des fins purement carriéristes (dernier quart de la vidéo ci-dessous) :
Et récemment, j'ai pris connaissance de la polémique sur Ségolène et les profs aux 35 heures. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle a baissé la garde et que son look de Jeanne d'Arc populiste en a pris un coup.
Petit rappel des faits. En janvier 2006, à Angers, lors d'une réunion du PS local, Ségolène avait abordé la question des 35 h chez les enseignants des collèges et lycées. Or, cette réunion avait été filmée à son insu par une caméra numérique. Le film a ensuite été balancé sur Internet et, très rapidement, une campagne a été montée contre Mme Royal, l'accusant d'avoir dit que les profs devaient faire leurs 35 heures dans l'enceinte des établissements scolaires et qu'ils devraient donner des cours de soutien scolaire individualisé à leurs élèves en difficulté sans rémunération supplémentaire puisque cela tombe dans le cadre de leurs 35 h de travail hebdomadaires.
À en croire les syndicats d'enseignants, Ségo aurait agité indûment un chiffon rouge sous le nez des profs. L'affaire a pris de telles proportions que Mme Royal a été amenée à s'exprimer publiquement à plusieurs reprises sur ce point. À ces occasions, elle a affirmé qu'elle n'avait jamais dit de pareilles sornettes et que tout cela n'état qu'un coup tordu monté par ses rivaux au PS.
Manque de bol, avec le Web 2.0, on peut vérifier bon nombre de ces allégations. Et soudain, notre blanche chevalière se transforme en grisâtre politicienne.
Ainsi, à Angers, elle déclarait sur la vidéo pirate :
je pense qu'une des révolutions c'est de faire les 35 h au collège, c'est à dire que les enseignants restent 35 h au collège. Et dans ce paquet global, il y a des cours, mais ils ne quittent pas le collège quand ils ont fini leurs cours. (...) Ceux qui font cours dans ces entreprises [privées de soutien scolaire], c'est les profs du secteur public ! Comment se fait-il que des enseignants du secteur public aient le temps d'aller faire du soutien individualisé payant et ils n'ont pas le temps de faire du souten individualisé gratuit dans les établissements scolaires ?
Ségolène nous dit donc clairement que les cours de soutien individualisé dans les collèges doivent se faire sur les 35 heures payées des enseignants.
Sur le fond, Ségo n'a certes pas tort. Mais elle met dans le même sac tous les professeurs. Si certains donnent des cours dans des instituts privés sur leurs 35 h, alors il faudrait faire faire du soutien scolaire à tous les enseignants, et pas seulement à ceux qui donnent des cours de soutien privés !
En face, évidemment, ça a beuglé dur. Les profs nous ont bassiné avec leurs habituels arguments : « Les 35 heures, on les fait largement ». Mais tout un chacun peut en douter. Avec 17 heures de cours par semaine, ça laisse 18 heures pour corriger les copies et préparer les cours. Ouais, mais les cours de collège et de lycée, quand on les a préparés une fois, il n'y a quand même pas grand chose à faire pour les mettre à jour chaque année. Le théorème de Thalès, il n'a pas bougé depuis des siècles. Quant à la signification profonde des sonnets de Joachim du Bellay, l'exégèse littéraire ne fait pas rage tous les ans...
Il nous reste donc au moins 12 heures par semaine pour corriger des copies Ça fait quand même beaucoup. Et je ne parle pas des copies supplémentaires d'examens, pour lesquels les correcteurs sont payés en plus.
Ségo veut donc obliger les profs à rester au collège pour faire du soutien scolaire sur leurs heures de travail. Ce qui me paraît sensé.
Mais ce qui me choque franchement dans le discours de Ségo, c'est lorsqu'elle ajoute que cette mesure s'adresserait aux
nouvelles générations d'enseignants si les autres nous disent "ben non, droits acquis, on fait nos 17 heures de cours et puis on s'en va".
Autrement dit, pour réformer le système, on ne s'attaque pas aux vieux profs syndiqués indéboulonnables qui se verrouillent derrière les droits acquis. Non, on va taper sur les nouveaux enseignants, c'est à dire les jeunes, ceux qui viennent d'arriver, qui sont encore plein d'illusions et qui ne comptent pas leurs heures. Bref, ce sont ceux qui profitent le moins du système qui vont écoper. En d'autres termes, Ségo invente la machine à aigrir les jeunes profs. Pas con ! En pleine pénurie d'enseignants !
Bon, elle a dit ce qu'elle a dit. Certains propos étaient sensés. D'autres nettement moins. Ça arrive. Que le politique qui n'a jamais dit de conneries lui jette la première pierre.
Là où le bât blesse et où le politique perce sous la femme, c'est que, au lieu de défendre ses idées face à la vindicte enseignante, elle va joliment se déballonner. Mais elle ne va même pas dire : Je me suis trompée, j'ai fait des amalgames, je ne sais pas ce qui m'a pris, la fatigue peut-être,... Non, elle va tout simplement nous la jouer à la George Orwell dans 1984 : je n'ai jamais dit ça, ce sont mes rivaux socialistes qui propagent ces rumeurs infondées, patati patata :
Elle prétend qu'elle n'a jamais dit que le soutien individualisé dans les établissements publics ne serait pas rémunéré :
il y a sur Internet des déformations des propos que j'ai tenus, un procès d'intention insupportable.
Moi je veux bien, mais où est la déformation ? Est-ce qu'on a manipulé l'image et le son de la fameuse vidéo ? Avons-nous été victimes d'une hallucination collective ? Mais Ségolène ne s'arrête pas en si bon chemin :
Ce que j'ai dit c'est qu'il fallait que [le soutien individualisé] soit gratuit pour les familles et que ceux qui donnent les cours soient rémunérés. Car moi qui attache beaucoup d'importance à la revalorisation du travail, c'est quand même un comble que de me prêter l'intention de faire travailler les uns et les autres sans les rémunérer.
Mais comme cette rhétorique ne tient pas une seconde devant une simple lecture de la vidéo, elle change son fusil d'épaule et, à chacune de ses apparitions télévisées, elle va nous assomer avec le même pontifiant discours politicien : On a sorti mes propos de leur contexte. Croyant apparemment que celle-là, on nous l'a jamais faite...
10 novembre 2006 - France 3
Malheureusement, cette rhétorique-là ne tient pas non plus si l'on regarde attentivement la vidéo pirate. Ce jour-là, à Angers, Ségolène a bien conscience que ce qu'elle va révéler, c'est de la dynamite. Elle déclare clairement :
Il va falloir être assez révolutionnaire dans les propositions que l'on va faire. Moi, j'ai fait une proposition. Par ailleurs, je ne vais pas encore la crier sur les toits parce que je ne veux pas me prendre des coups des organisations syndicales enseignantes.
Elle évoque en outre un «pacte» avec les syndicats enseignants pour que sa réforme soit immédiatement applicable si elle devait être élue Présidente. Autrement dit, appeler les syndicats à ne pas monter au créneau sur la réforme qu'elle va évoquer : les 35 h au collège.
Alors, Ségolène peut bien nous dire qu'on a sorti les choses de son contexte, mais les mots me semblent pourtant particulièrement clairs.
Vous appelez ça comment ? Moi j'appelle ça un gros mensonge. Et une femme en politique qui dit des mensonges, on appelle ça une femme politique. On nous dit : les hommes politiques, c'est tous des pourris, des menteurs. Il faut plus des femmes en politique et ça irait mieux dans ce pays de cocagne !
Ben y a qu'à voir de quoi est capable une candidate socialiste qui va se retrouver au second tour de la présidentielle, alors qu'elle n'a pas encore été investie officiellement par son parti. J'ose à peine imaginer à quelles compromissions elle se prêterait une fois au pouvoir !
Alors, quant à dégraisser le mammouth... Bon courage. Terminons donc plutôt sur une note de gaieté, avec le vieux sketch des Inconnus n'a jamais été autant d'actualité (c'est le propre des classiques). Toujours aussi hilarant car toujours aussi vrai :
